Jeudis des sciences sociales

JEUDISOCIO - Rada IVEKOVIC

 

Annonce des seances pour le 2e semestre 2010-11 des Jeudis des sciences sociales: Genevieve FRAISSE (CNRS) le 24 fevrier; Marie-Claire Caloz-Tschopp (Universite de Lausanne) le 21 avril 2011.

Les Jeudis des sciences sociales à l’UJM, Département de sociologie

Université Jean Monnet, Faculté Sciences humaines et sociales
33, rue du onze novembre 42023 SAINT-ÉTIENNE cedex 2

Jeudi 21 avril 2011, 18h-20h, Amphi E01
Tous sont cordialement invites

 

THEMATIQUE GENERALE 2010-2011:

Constructions et transmissions des nouveaux savoirs Nous sommes les témoins d‘une mutation sans précédent dans la transmission des savoirs, ainsi que de la mutation dans les formes, les fonctionnalités et les contenus de ceux-ci. Elle est due autant aux nouvelles conditions sociopolitiques qu’aux nouvelles technologies. Parmi les premières, nous soulignons particulièrement tout ce qui fait évoluer non seulement les contenus des savoirs, mais la manière de leurs transmissions: migrations, transnationalité, nouvelles formes de travail, épuisement du salariat traditionnel , le travail cognitif qui inclut l’accès aux réseaux des individus et leur inter connectivité personnelle ; nouveaux rapports au travail, dématérialisation d’une partie de la production mais sa gestion désormais biopolitique, la marchandisation de l’université, l’interrogation des appareils et démarches cognitifs du fait de la « post-colonie », du « postsocialisme », de la fin de la guerre froide et de l’apparitions de nouvelles formes de subjectivation et de nouveaux sujets politiques, etc. Ces nouvelles conditions de formation et de transmission des savoirs, qui font que les supports et les fonctionnalités de la mémoire, le rapport aux bases de données et aux bibliothèques, à la lecture, à l’écriture et à la mémorisation ont changé, mettent à mal la pédagogie et l’enseignement traditionnels. Ceux-ci doivent désormais évoluer en accord avec une mutation sociale et politique où, de plus en plus, la traditionnelle représentation politique cède aux réseaux et à des us politiques nouveaux et encore expérimentaux, dans lesquels les institutions, la société civile ainsi que l’Etat son débordés par des pratiques individuelles et collectives qui ne se laissent plus capter dans la seule logique étatique institutionnelle. Les migrations à très grande échelle aussi bien de personnes que des savoirs en font preuve. Nous pensons que l’université est l’un des lieux névralgiques où cela se manifeste et ou l’on doit s’intéresser à cela, y compris en tirant les conclusions de l’utilisation des nouvelles technologies des savoirs, de la transnationalité etc. La fonctionnalité de l’université a changé de fond en comble au regard de son rôle historique, car elle dissocie désormais études et vie en commun, ne créant plus cet universel ni ce commun intellectuels dont elle avait la charge et qui était à la base de la manière traditionnelle de constitution des savoirs (où l’enseignant était un exemple pour l’étudiant et où la « morale » faisait partie de l’enseignement). Il faut penser que désormais l’université créera de toutes nouvelles formes de commun, encore à comprendre et analyser. Ce sont donc ces nouvelles conditions, celles de la mondialisation, que nous souhaitons étudier sur le plan de la transmission des savoirs. Nous ferons appel aux chercheurs originaux et novateurs dans le champ.

 

CONFERENCE

du 21 avril 2011, 18h-20h, Amphi E01:

MARIE-CLAIRE CALOZ-TSCHOPP

Révolution dans les universités?

Quel lien entre révolution, savoir, création humaine ? Où, par qui, dans quelles conditions se créent les (nouveaux) savoirs? Dans les années 1980, Michel Serres ne disait-il pas que le savoir se crée aux marges, voire à l’extérieur des institutions officielles de la science par des chercheurs a-typiques, marginalisés. Qui serait exilé du savoir aujourd’hui et de quel savoir? Comment, à l’aide de quels critères définir ce que seraient de nouveaux savoirs? Les discours placent souvent la question sur le registre de l’utopie. Que serait une utopie universitaire (au sens d’universitas, au sens d’un savoir qui soit la création et la propriété de tout humain sur la terre, soucieux du bien commun)?

Le risque réel existe que l’hubris des intégristes du marché veuillent imposer autoritairement des politiques de la formation et de la recherche (compétitivité, “efficience”, bénéfices à court terme, choix des sciences lucratives aux mépris des sciences fondamentales, coupe des budgets des sciences sociales et humaines, marchandisation des cerveaux, etc.) en s’appuyant sur des régimes politiques autoritaires. Dans les systèmes éducatifs, à l’Université, ces faits se traduisent par des pédagogies autoritaires, l’évaluation du personnel selon des critères discutables (Cassin), le contrôle de présence aux cours, des formes de corruption budgétaire, de clientélisme, de privilèges, etc.. Ces tendances qui en appellent à la servitude aveugle ne peuvent que produire des démotivations, des pratiques de rapine, un assèchement du savoir et de nouvelles crises.

Marie-Claire Caloz-Tschopp est philosophe,  professeure émérite de l’Université de Lausanne, fondatrice du Groupe de Geneve et directrice de programme au Collège international de philosophie, Paris.

Jeudis des sciences sociales précédents autour de la thématique des nouveaux savoirs: Jérôme Valluy (Univ. Paris-1), Eric Guichard (ENSSIB, Lyon), Genevieve Fraisse (CNRS, Paris).La série précédente des conférences des Jeudis des sciences sociales de l’UJM  sur « Que veut dire traduire ? » (2008-2010) est publiée dans la revue « Asylon(s) n°7 du réseau scientifique TERRA, http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html

CONFERENCE  DU
24 février 2011:
Geneviève FRAISSE
À côté du genre. Le sexe, une question d'épistémologie

http://portail.univ-st-etienne.fr/bienvenue/presentation/a-cote-du-genre-le-sexe-une-question-d-epistemologie-319037.kjsp?RH=actu

Entre l’invention remarquable du concept de genre et le modèle usagé de la dualité nature/culture, il faut faire place à un questionnement propice à l’historicité, à l’histoire possible des sexes. Entre l’ambition conceptuelle et la ritournelle anthropologique, on peut tracer un chemin qui ne soit pas seulement à rebours  : le social fabriquant le biologique, l’identité triomphant du politique. Comment l’historicité peut-elle alors déjouer le rappel permanent de l’atemporalité des sexes, l’injonction à la répétition immuable de leur rapport  ; comment permet-elle d’échapper à la "ritournelle"  ?

Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherche au CNRS, a publié de nombreux livres sur la controverse des sexes, épistémologique et politique, dont Muse de la raison  (1989, Folio Gallimard 1995), Les deux gouvernements, la famille et la cité  (2000, Folio Gallimard 2001), Du Consentement  (Seuil 2007), Le Privilège de Simone de Beauvoir  (Actes sud 2008). A côté du genre paraît aux éditions Le Bord de l'eau à l'automne 2010.

Jeudis des sciences sociales précédents autour de la thématique des nouveaux savoirs: Jérôme Valluy (Univ. Paris-1), Eric Guichard (ENSSIB, Lyon). Jeudi des sc. sociales suivant : Marie-Claire Caloz-Tschopp (Univ. Lausanne) le 21 avril 2011 18h-20h, Amphi E01.]

La série précédente des conférences des Jeudis des sciences sociales de l’UJM  sur « Que veut dire traduire ? » (2008-2010) est publiée dans la revue « Asylon(s) n°7 du réseau scientifique TERRA, http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html

9 decembre 2010, 18h-20h, Amphi E01 :

Jérôme VALLUY, De l'évaluation scientiste et technocratique des revues à la stérilisation des sciences humaines

Dans la plupart des régimes autoritaires, les sciences humaines ont été stérilisées au moins par imposition d'une pensée unique. La mondialisation des cadres cognitifs, ces vastes courants idéologiques transnationaux et transectoriels, variables en quelques années,  qui insensiblement nous entourent et nous conduisent, peuvent-ils produire le même effet dans les démocraties libérales ? Nous montrerons comment de nouvelles conditions du travail intellectuel se sont imposées dans les procédures actuelles d'évaluation des revues de sciences humaines et, en leur sein, des articles proposés à publication, mais aussi des chercheurs. Et nous tenterons, à travers la critique de ces pratiques, de réfléchir aux dispositifs souhaitables pour conserver aux sciences humaines une liberté de pensée et d'expression ainsi qu'une autonomie d'organisation et un pluralisme intellectuel, sans lesquelles disparaît leur utilité pour la société.

Jérôme Valluy est enseignant-chercheur à l'Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1, CRPS-CESSP), membre de l'Equipe Editoriale du réseau scientifique TERRA http://www.reseau-terra.eu/ qui, depuis 2003, réfléchit aux conditions du travail intellectuel collectif dans le domaine sensible des migrations, de l'asile et des rapports culturels à l'altérité.

La série précédente des conférences des Jeudis des sciences sociales de l’UJM  sur « Que veut dire traduire ? » (2008-2010) est publiée dans la revue « Asylon(s) n°7 du réseau scientifique TERRA, http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html

PREMIERE SEANCE 2010-11:

18 nov. 2010, 18h-20h, Amphi E01 :

Eric GUICHARD, L'internet et la transition des savoirs

On dit souvent de l'internet qu'il va révolutionner les savoirs et nos sociétés. On peut s'amuser du fait qu'à l'époque où toutes les révolutions sociales sont connotées négativement, celle qui serait induite pas les "nouvelles technologies" soit parée de toutes les vertus. Or, une analyse fouillée de l'internet explique d'une part cette expression d'une utopie technologique (chez les ingénieurs), en même temps qu'elle nous confronte à une évidence ségrégative (chez beaucoup, y compris les lettrés d'hier) : aujourd'hui, le rapport au savoir est conditionné par la maîtrise de deux types d'outils intellectuels: ceux de l'imprimé et ceux du numérique. Nous montrerons qu'il est difficile à chacun de jongler avec ces deux types d'outils, et de comprendre les représentations et les conceptions des savoirs qu'ils induisent. Nous montrerons aussi comment, face à des questions sociologiques si complexes, l'idéologie est propre à proposer des réponses aussi rapides que partiales.

Éric Guichard est maître de conférences à l'ENSSIB (Lyon), responsable de l'équipe Réseaux, Savoirs & Territoires de l'ENS-Paris, membre de l'équipe éditoriale du réseau scientifique TERRA et directeur de programme au Collège international de philosophie (Paris).

 

La série précédente des conférences des Jeudis des sciences sociales de l’UJM  sur « Que veut dire traduire ? » (2008-2010) est publiée dans la revue « Asylon(s) n°7 du réseau scientifique TERRA, http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html

Que veut dire traduire ? Traduction et comparaison

 

Nous entendons la traduction dans un sens large et inter contextuel plutôt que textuel ; traduction sociale et politique dans une perspective transdisciplinaire, souvent comparative. Elle permet, dans un monde multiple, de traduire des pratiques sociales en institutions ou vice-versa, d’ouvrir et dépasser les représentations et les paradigmes, de tisser des ponts entre les épistémés et les diverses manières de voir, de confronter des méthodologies et des expériences de vie, de comprendre le lien qu’il y a entre un mode de production, une configuration sociale et le langage, le discours, qui en émanent ou les accompagnent. Au sens d’une politique de la traduction, cette dernière peut contribuer à désamorcer la violence qui, dans le champ social, est toujours possible tout en n’étant jamais inévitable. La traduction est à la fois méthode et entrave à dénouer la crise conceptuelle, défi de notre temps.

25 mars 2010, Annie MONTAUT : Traduire un texte qui vient d'une culture qui se voit comme déjà traduite par la vision coloniale Chacun sait qu'on ne traduit pas directement d'une expression linguistique à une autre, et qu'il faut s'abstraire dans un premier temps de la forme originale dans la langue de départ (quitte à la retrouver dans un troisième temps dans le cas du texte littéraire) pour accéder à son signifié global dans un deuxième temps avant de le réexprimer dans la langue d'arrivée. Que se passe-t-il quand ce signifié s'ancre dans une culture qui est, et se représente, elle-même un complexe ambigu et souvent conflictuel de culture autochtone 'non-moderne' ou pré-moderne et de modernité léguée par la colonisation? J'illustrerai la discussion par des exemples de Mai, Une femme effacée, de Geetanjali Shree, romancière indienne, dont le titre ambigu (elle est effacée / on l'a effacée) peut se voir comme une métaphore de cette culture toujours déjà traduite (InFolio, Lausanne, 2009). Annie Montaut, professeur de hindi et de linguistique à l'INALCO, traductrice littéraire du hindi (12 ouvrages), auteur de La langue hindi (Société de Linguistique de Paris, sous presse), Hindi Grammar (Lincom Europa, 2004), Littératures et poétiques pluriculturelles en Asie du Sud (ed. Purushartha 24, EHESS/CNRS).

Les séances précédentes : « Que veut dire traduire ? Les enjeux sociaux et culturels de la traduction» Asylon(s) n°7, à voir sur http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html : Clarisse Herrenschmidt : « Écrire, c'est transférer » ; Stephen Wright : «Traduire entre l’esthétique et le politique» ; Ghislaine Glasson Deschaumes : « Diversité culturelle et mise en commun : quels enjeux pour la Méditerranée ? » ; Michel Deguy : "Pluralité des langues, littératures, mondialisation". Fréderic Neyrat : ”Ce qui arrive aux images (aux passages des frontières) » ; Etienne Balibar, "Politique et traduction : réflexions à partir de Lyotard, Derrida, Said"

Jeudi 8 avril 2010

Que veut dire traduire ? Traduction et comparaison Anne BERGER
Les fins de la "différence sexuelle" ou les tribulations d'un idiome
.Réflexions sur la "théorie" en traduction
Comment passe-t-on de la notion psychanalytique de « différence sexuelle » telle qu'elle s'articule au « nœud de la castration » à l'emploi « queer » et pluralisé de cette locution (« sexual differences ») dans la théorie anglo-saxonne pour désigner la variété des pratiques sexuelles dites «déviantes » (pratiques homosexuelles diverses, fétichisme, sado-masochisme etc.), soit ces perversions en lesquelles la psychanalyse normative reconnaît justement un déni de la « différence sexuelle » ?  Dans cet essai, je médite sur ce que Judith Butler nomme les « tribulations de l'idiome » dans Undoing Gender [Défaire le genre], en l'occurrence sur les emplois instables sinon contradictoires d'un des termes-clé de la pensée sur le genre et les différences de sexe depuis qu'on s'intéresse à ces questions : la locution «différence sexuelle ».  Cette instabilité sémantique tient en partie aux aléas de la traversée de frontières à la fois idiomatiques et culturelles. De Freud à Gayle Rubin, d'Hélène Cixous à Judith Butler, de Foucault à Derrida, j'étudie les effets dans  la langue et pour la pensée de ces traversées de frontières, et la façon dont elles compliquent irrémédiablement la saisie conceptuelle de la ou des « différences sexuelles ».
Anne E. Berger est professeur de littérature française et d'études de genre à Paris 8, où elle dirige le Centre d'études féminines et d'études de genre. [Elle a enseigné pendant 23 ans à l'université de Cornell (USA).]

Cette conférence suivra un séminaire de recherche interdisciplinaire de deux jours, les 7 et 8 avril, sur le thème "Regards croisés sur la différence des sexes: recherche et idéologie". Les personnes intéressées par assister au séminaire sont priées de se faire connaître auprès d'Eliane Viennot eviennot@aol.com ou de Nicolas Mathevon mathevon@univ-st-etienne.fr Les séances précédentes : « Que veut dire traduire ? » Asylon(s) n°7, à voir sur http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html : Clarisse Herrenschmidt : « Écrire, c'est transférer » ; Stephen Wright : «Traduire entre l’esthétique et le politique» ; Ghislaine Glasson Deschaumes : « Diversité culturelle et mise en commun : quels enjeux pour la Méditerranée ? » ; Michel Deguy : "Pluralité des langues, littératures, mondialisation". Fréderic Neyrat : ”Ce qui arrive aux images (aux passages des frontières) » ; Etienne Balibar, "Politique et traduction : réflexions à partir de Lyotard, Derrida, Said" ; Annie Montaut, « Traduire un texte qui vient d'une culture qui se voit comme déjà traduite par la vision coloniale ». Contact : rivekovic@hotmail.com

Les Jeudis des sciences sociales à l’UJM, Département de sociologieUniversité Jean Monnet, Faculté des Sciences humaines et sociales33, rue du onze novembre 42023 SAINT-ÉTIENNE cedex 2

Jeudi 19 novembre 2009, 18h-20h, salle E01 Que veut dire traduire ? Traduction et comparaison Nous entendons la traduction dans un sens large et inter contextuel plutôt que textuel ; traduction sociale et politique dans une perspective transdisciplinaire, souvent comparative. Elle permet, dans un monde multiple, de traduire des pratiques sociales en institutions ou vice-versa, d’ouvrir et dépasser les représentations et les paradigmes, de tisser des ponts entre les épistémés et les diverses manières de voir, de confronter des méthodologies et des expériences de vie, de comprendre le lien qu’il y a entre un mode de production, une configuration sociale et le langage, le discours, qui en émanent ou les accompagnent. Au sens d’une politique de la traduction, cette dernière peut contribuer à désamorcer la violence qui, dans le champ social, est toujours possible tout en n’étant jamais inévitable. La traduction est à la fois méthode et entrave à dénouer la crise conceptuelle, défi de notre temps.

19 novembre 2009, Etienne BALIBAR :

"Politique et traduction : réflexions à partir de Lyotard, Derrida, Said" Depuis les origines de la modernité, deux « modèles » sont en concurrence pour penser et représenter la politique : celui de la guerre (et plus généralement du conflit, de la lutte, comme chez Machiavel), et celui du commerce (au sens large que ce terme avait à l’âge classique, par exemple chez Montesquieu ou Kant). Ils ne sont évidemment pas indépendants l’un de l’autre, mais se concurrencent ou même interfèrent. Avec les transformations politiques, sociales et culturelles liées à la mondialisation, à l’expansion des communications et à la rencontre des cultures dans un cadre postcolonial, où toutes les vieilles et nouvelles nations se trouvent impliquées d’une façon ou d’une autre, cette antithèse ne disparaît pas mais revêt des formes nouvelles. Elle doit faire place, de plus en plus, à une réflexion sur les possibilités et les obstacles de la traduction, qui est à la fois une pratique quotidienne impliquant des millions d’individus, une institution vitale pour l’exercice du pouvoir, et un problème théorique riche et complexe. Avec l’aide de trois grands philosophes contemporains, récemment disparus : Jean-François Lyotard (auteur de La condition postmoderne, 1979, et de Le différend, 1983), Edward Said (auteur de L’orientalisme, 1978, et de Culture et impérialisme, 1993) et Jacques Derrida (auteur de Le monolinguisme de l’autre, 1996), on tentera d’en expliquer les enjeux. Etienne Balibar, Professeur émérite (philosophie morale et politique), Université de Paris X Nanterre. Distinguished Professor of Humanities, University of California, Irvine. Prochains ouvrages à paraître : Violence et civilité (Galilée) ; La proposition de l’égaliberté. Essais politiques 1989-2009 (PUF).

Les séances précédentes : « Que veut dire traduire ? Les enjeux sociaux et culturels de la traduction» Asylon(s) n°7, à voir sur http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html : Clarisse Herrenschmidt : « Écrire, c'est transférer » ; Stephen Wright : «Traduire entre l’esthétique et le politique» ; Ghislaine Glasson Deschaumes : « Diversité culturelle et mise en commun : quels enjeux pour la Méditerranée ? » ; Michel Deguy : "Pluralité des langues, littératures, mondialisation". Fréderic Neyrat : « Ce qui arrive aux images (aux passages des frontières) ».

2e semestre 2009-10: Annie Montaut, INALCO, le 25 mars 2010;

Le Jeudi 15 octobre 2009 :

 

Frédéric NEYRAT :« CE QUI ARRIVE AUX IMAGES (AUX PASSAGES DES FRONTIÈRES) »

"On nous propose aujourd'hui deux régimes d'images: les images-fixes, les images stéréotypiques d'un côté, auxquelles il n'arrive plus rien; et de l’autre les images-flux, qui se transforment comme si rien ne leur était arrivé. Contre ces deux régimes, nous voudrions montrer la façon dont l'art présente la possibilité d'une traductibilité des images capable de leur assurer une vie esthétique digne de ce nom. On pourrait considérer l’exercice de traduction des images comme vecteur de transformation vital, transformation créatrice permettant aux images de se porter au-delà d’elles-mêmes, non seulement vers d’autres images, mais pour des sujets désirant qu’il leur arrive quelque chose.

En son sens le plus primitif, traduire signifie en effet : « Conduire au-delà, faire passer, traverser ». Ainsi définie, la traduction serait la scène et le temps nécessaires pour qu’il arrive quelque chose aux images au moment de leur traversée. Une traversée des frontières géographiques – passage d’un pays à un autre – mais aussi matérielles – changement de supports. Nous explorerons cette possibilité à partir de certaines oeuvres de Wim Delvoye (On the Origin of species), Wang Du, Olivier Blanckart, et le réalisateur Jia Zhang-ke (The World)". [Voir l'intervention de F. Neyrat, « CE QUI ARRIVE AUX IMAGES (AUX PASSAGES DES FRONTIÈRES) » ainsi que les autres interventions qui se sont déjà déroulées affichée dans la revue en ligne Asylon(s) sur  http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html et sur la page pour les étudiants https://ead-shs.univ-st-etienne.fr/claroline/document/document.php?&viewMode=STUDENT]

 

Docteur en philosophie, Frédéric Neyrat est ancien Directeur de programme au Collège international de philosophie, et membre du comité de rédaction de la revue Multitudes. Il a publié dernièrement : Le terrorisme. La tentation de l’abyme (Larousse, 2009), Instructions pour une prise d’âmes. Artaud et l’envoûtement occidental (La Phocide, 2009), Biopolitique des catastrophes (Ed. MF, 2008).

 

Intervenants de l'année 2008-2009 :

Les séances précédentes : Les Jeudis des scikences sociales de l'UJM, « Que veut dire traduire ? Les enjeux sociaux et culturels de la traduction» Asylon(s) n°7, à voir sur http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html . Les séances suivantes seront affichées au fur et à mesure

Michel Deguy :  "Pluralité des langues, littératures, mondialisation".

Michel Deguy, philosophe et écrivain qu’on ne présente pas, dirige la revue Po&sie (Belin) depuis 30 ans. Son œuvre poétique est édité par Gallimard. Il est président du Conseil d’administration au Collège international de philosophie, au sort duquel il a été associé dès ses débuts.

Clarisse Herrenschmidt : « Écrire, c'est transférer ». Clarisse Herrenschmidt est philologue, linguiste et anthropologue, chercheur au CNRS, rattachée au Laboratoire d'Anthropologie sociale de Collège de France (Paris), membre de l'Atelier Internet de l'École normale supérieure (Paris) et de l'ENSSIB (Lyon). Elle fait cours à l'INALCO et à l'École du Louvre. Elle est l'auteur notamment de  Les Trois Ecritures : Langue, nombre, code, Gallimard 2007.

Stephen Wright : «Traduire entre l’esthétique et le politique». Stephen Wright est critique d'art et chercheur à l’Institut National d’Histoire de l’Art à Paris. Il a été Directeur éditorial de la XVe Biennale de Paris en 2006. Il est aussi commissaire d'expositions indépendant et membre du comité de rédaction de la revue Mouvements (Paris) et de Third Text (Londres). Il a été directeur de programme au Collège international de philosophie jusqu’en 2007. Ses recherches portent notamment sur les pratiques (para-) artistiques à faible coefficient de visibilité artistique, et sur les conditions de possibilité et d’usage d’un art sans œuvre, sans auteur et sans spectateur. Né à Vancouver, il vit et travaille à Paris.

Traduire c'est faire valoir et assumer une certaine et fondamentale "esthétique de la décision" qui se manifeste dans tous les choix (de vocabulaire, de registre...) nécessités par la traduction et avant tout dans le choix fondamental quant au "coefficient d'étrangeté" que le traducteur choisit de laisser dans le texte dans sa langue d'arrivée: convient-il de "naturaliser" autant que faire se peut? Ou plutôt de mettre en évidence l'acte de traduire et la subjectivité du traducteur? Cette esthétique de la décision n'est-elle pas précisément le moment politique de l'acte de traduire?

Ghislaine Glasson Deschaumes : « Diversité culturelle et mise en commun : quels enjeux pour la Méditerranée ? » Ghislaine Glasson Deschaumes est directrice et fondatrice de la revue Transeuropéennes, responsable du projet « Traduire en Méditerranée ». Elle pilote une équipe de Transeuropéennes sur la traduction au Collège international de philosophie. Ses travaux portent sur le langage des institutions européennes et les enjeux de traduction de l’Europe à ses frontières.

Lisez aussi la revue internationale de pensee critique  TRANSEUROPEENNES:

www.transeuropeennes.eu : bienvenue, welcome, hoşgeldiniz, مرحباً بكم La revue internationale de pensée critique Transeuropéennes reparaît, en tant que publication en ligne.  Nous sommes très heureux de vous inviter à découvrir cette nouvelle série et sa première livraison : des textes, pour la plupart inédits, non seulement en français et en anglais, comme auparavant, mais également en arabe et turc, une galerie de photographies … Bienvenue sur www.transeuropeennes.eu !


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